Contestation d'une retenue sur le dépôt de garantie
Le bailleur ne peut retenir sur le dépôt de garantie que les sommes dues et justifiées : dégradations constatées par comparaison des états des lieux d'entrée et de sortie, réparations locatives non faites, loyers ou charges impayés. L'usure normale, la vétusté et les retenues forfaitaires ne peuvent pas être déduites.
Cette lettre de contestation d'une retenue sur caution reprend chaque poste contesté, demande les justificatifs et réclame le remboursement du trop-retenu. Elle prépare aussi la saisine de la commission de conciliation si le bailleur maintient sa position.
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[Ville], le [Date]
Lettre recommandée avec accusé de réception
Objet : Contestation des retenues sur le dépôt de garantie
[Madame / Monsieur],
J'ai quitté le logement situé [adresse du logement loué] le [date de remise des clés]. Par [courrier / virement / e-mail] du [date de la réponse du bailleur], vous m'avez restitué [montant restitué] euros sur un dépôt de garantie de [montant du dépôt de garantie] euros, en retenant [montant retenu] euros au titre de : [liste des retenues annoncées].
Je conteste ces retenues pour les raisons suivantes :
– [poste 1] : [raison : élément déjà mentionné dans l'état des lieux d'entrée / usure normale après nombre d'années ans d'occupation / absence de mention dans l'état des lieux de sortie]
– [poste 2] : [raison : aucun devis ni facture produit / montant disproportionné / vétusté de l'équipement]
L'article 22 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 n'autorise la retenue que des sommes restant dues au bailleur, sous réserve qu'elles soient dûment justifiées. Par ailleurs, le locataire ne répond pas des dégradations résultant de la vétusté ou de l'usage normal des lieux.
Je vous demande en conséquence de me transmettre les justificatifs des retenues maintenues (devis, factures, photographies) et de me rembourser la somme de [montant réclamé] euros dans un délai de quinze jours à compter de la réception de ce courrier.
À défaut, je saisirai la commission départementale de conciliation, sans préjudice de la majoration de 10 % du loyer mensuel prévue par la loi pour chaque mois de retard commencé.
Je vous prie d'agréer, [Madame / Monsieur], l'expression de mes salutations distinguées.
[Prénom Nom]
Signature
Pièces jointes : états des lieux d'entrée et de sortie, photographies, décompte du bailleur
Quelles retenues sur la caution sont légales ?
- Loyers et charges impayés à la date du départ, y compris la régularisation de charges si elle est chiffrée.
- Dégradations qui apparaissent dans l'état des lieux de sortie et n'existaient pas à l'entrée : trous non rebouchés au-delà de quelques fixations, moquette brûlée, vitre cassée.
- Réparations locatives non effectuées : entretien de la chaudière non fait si le bail le mettait à votre charge, joints noircis par défaut d'entretien, logement rendu sale.
- Clés ou badges non restitués.
Chaque retenue doit être chiffrée et justifiée par un devis, une facture ou un constat. Le bailleur n'est pas tenu de réaliser effectivement les travaux, mais le montant retenu doit correspondre au préjudice réel.
Usure normale et vétusté : ce qui n'est pas à votre charge
Le locataire répond des dégradations survenues pendant la location, sauf s'il prouve qu'elles résultent de la vétusté, d'un cas de force majeure, d'une faute du bailleur ou du fait d'un tiers. Une peinture jaunie après six ans, un parquet légèrement rayé aux zones de passage ou un joint de silicone usé relèvent de l'usure normale.
Le bail peut comporter une grille de vétusté, qui fixe la durée de vie de chaque équipement et le pourcentage restant à la charge du locataire. Si elle existe, appliquez-la poste par poste dans votre contestation. En son absence, rien n'interdit de faire valoir l'âge des équipements : une moquette de quinze ans n'a plus de valeur à remplacer.
Comment construire votre contestation
- Comparez, pièce par pièce, les deux états des lieux : une dégradation absente de l'état de sortie ne peut pas être retenue.
- Pour chaque poste, indiquez s'il était déjà signalé à l'entrée, s'il relève de l'usure, ou s'il n'est pas justifié.
- Chiffrez le montant que vous acceptez éventuellement et celui que vous contestez.
- Réclamez les pièces justificatives manquantes et fixez un délai de réponse.
Si vous contestez aussi le contenu de l'état des lieux de sortie lui-même, reportez-vous au modèle de contestation de l'état des lieux de sortie.
Si le bailleur maintient les retenues
Envoyez une mise en demeure de restitution chiffrant le solde et la majoration de retard, puis saisissez gratuitement la commission départementale de conciliation. Elle entend les deux parties et tente de les rapprocher ; en cas d'échec, son avis pourra être produit devant le juge des contentieux de la protection. L'ADIL peut aussi vous aider à évaluer vos chances.
Questions fréquentes
Le bailleur peut-il retenir des frais de ménage ?
Oui, si l'état des lieux de sortie constate un logement sale alors qu'il était propre à l'entrée, et que la somme correspond à une prestation réelle et proportionnée. Une retenue forfaitaire de nettoyage prévue d'avance dans le bail, sans constat, n'est pas justifiée.
Il n'y a pas eu d'état des lieux d'entrée : le bailleur peut-il retenir quelque chose ?
Sans état des lieux d'entrée, le logement est présumé avoir été remis en bon état. Mais si c'est le bailleur qui a refusé ou négligé de l'établir, il ne peut pas se prévaloir de cette présomption contre vous. Dans les deux cas, il lui appartient de prouver la réalité et l'origine des dégradations.
Les trous de chevilles sont-ils des dégradations ?
Quelques trous de fixation pour des cadres ou étagères relèvent généralement d'un usage normal du logement. Des perçages nombreux ou de gros diamètre, notamment dans le carrelage, peuvent justifier une retenue proportionnée au coût de la remise en état.
Textes de référence
- Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 7 c (dégradations et vétusté) et article 22 (dépôt de garantie)
- Décret n° 87-712 du 26 août 1987 relatif aux réparations locatives
- Décret n° 2016-382 du 30 mars 2016 fixant les modalités d'établissement de l'état des lieux et de prise en compte de la vétusté