Lettre de demande d'augmentation de salaire

Mis à jour le · Salariés

Aucune loi n'oblige un employeur privé à augmenter un salarié, en dehors du respect du SMIC et des minima de la convention collective. Une lettre de demande d'augmentation de salaire sert donc à convaincre : elle expose des faits (responsabilités, résultats, évolution du poste) et propose un rendez-vous pour en discuter.

Le modèle ci-dessous est conçu pour être envoyé avant un entretien, ou pour confirmer par écrit une demande faite oralement. Il est suivi des arguments qui fonctionnent, du bon moment pour agir et des recours lorsque votre salaire est inférieur à ce qui vous est dû.

Modèle à personnaliser

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Modèle principal

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[Prénom Nom]
[intitulé du poste]
[Service]
[E-mail]

[Nom de l'entreprise]
À l'attention de [Nom du responsable]
[Adresse de l'entreprise]
[Code postal Ville de l'entreprise]

[Ville], le [Date]

Remise en main propre ou e-mail

Objet : Demande de révision de ma rémunération

Madame, Monsieur,

J'occupe depuis le [date d'embauche] le poste de [intitulé du poste] au sein de [Nom de l'entreprise]. Ma rémunération n'a pas été révisée depuis [date de la dernière augmentation], alors que mes fonctions ont sensiblement évolué.

Au cours des derniers mois, j'ai notamment [exemple de responsabilité nouvelle], [exemple de réalisation chiffrée] et [exemple de projet mené]. Ces missions dépassent le périmètre initial de mon poste et contribuent directement aux objectifs du service.

Au regard de ces éléments et des rémunérations pratiquées pour des fonctions comparables, je souhaiterais que mon salaire brut mensuel soit porté de [salaire actuel] à [salaire souhaité] euros.

Je vous propose d'en discuter lors d'un entretien à la date qui vous conviendra. Je reste bien entendu ouvert(e) à l'examen d'autres formes de reconnaissance, comme une prime ou une évolution de classification.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

[Prénom Nom]
Signature

Variante : relance après une promesse d'augmentation non tenue

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[Prénom Nom]
[intitulé du poste]
[E-mail]

[Nom de l'entreprise]
À l'attention de [Nom du responsable]

[Ville], le [Date]

E-mail ou remise en main propre

Objet : Suite de notre entretien du [date de l'entretien] – révision de salaire

Madame, Monsieur,

Lors de notre entretien du [date de l'entretien], vous m'aviez indiqué qu'une augmentation de [montant ou pourcentage] serait appliquée à compter du [date annoncée]. Or mon bulletin de paie de [mois] ne fait apparaître aucune modification.

Je vous remercie de bien vouloir me confirmer par écrit la date à laquelle cette revalorisation prendra effet, ou de m'indiquer les raisons de ce report.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

[Prénom Nom]
Signature

Quand demander une augmentation de salaire ?

  • Avant la fixation des budgets : dans beaucoup d'entreprises, les enveloppes d'augmentation sont arrêtées en fin d'année ou lors des négociations annuelles obligatoires (NAO), dans les entreprises où existe une section syndicale.
  • Après un résultat mesurable : réussite d'un projet, objectif dépassé, nouveau client.
  • Lors d'un changement de périmètre : encadrement d'une équipe, reprise des missions d'un collègue parti, nouvelles compétences exigées.
  • À l'occasion de l'entretien annuel d'évaluation, s'il existe dans votre entreprise : envoyez la lettre quelques jours avant pour que votre responsable prépare sa réponse.

Quels arguments mettre dans la lettre ?

Les arguments efficaces portent sur votre valeur pour l'entreprise, pas sur vos besoins personnels. Un loyer qui augmente ne justifie pas une hausse aux yeux d'un employeur ; un chiffre d'affaires gagné, une économie réalisée ou une compétence rare, si.

Chiffrez la demande : un montant brut mensuel précis est plus facile à arbitrer qu'une formule vague. Appuyez-le sur des éléments de comparaison vérifiables : grille de salaires de la convention collective, offres d'emploi pour un poste équivalent, études de rémunération publiées par des cabinets ou des organisations professionnelles.

Salaire inférieur au minimum : ce n'est plus une demande, c'est une réclamation

Si votre salaire est inférieur au minimum conventionnel de votre coefficient, au SMIC, ou à celui d'un collègue de l'autre sexe occupant un poste de valeur égale, l'employeur n'a pas le choix : l'écart est dû. L'égalité de rémunération entre les femmes et les hommes est une obligation légale.

Dans ce cas, adressez plutôt une réclamation de rappel de salaire, ou une demande de reclassification si vos fonctions réelles relèvent d'une catégorie supérieure. Les sommes sont réclamables sur 3 ans.

Après la lettre : entretien, refus et alternatives

Préparez l'entretien avec un chiffre cible et un chiffre plancher. Si l'employeur refuse, demandez-lui les critères à atteindre et une date de réexamen, et faites-les confirmer par écrit.

D'autres leviers peuvent compléter ou remplacer une hausse du salaire de base : prime exceptionnelle, prise en charge d'une formation, télétravail, jours de repos, évolution vers un poste mieux classé (voir la demande de promotion). Une promesse d'augmentation faite par écrit par une personne habilitée engage l'employeur.

Questions fréquentes

Quel pourcentage d'augmentation demander ?

Il n'existe pas de taux de référence légal. Fondez-vous sur l'écart entre votre salaire et le marché pour un poste équivalent, sur l'évolution de vos responsabilités et sur la politique salariale de l'entreprise. Une demande très éloignée du marché affaiblit l'argumentaire ; une demande chiffrée et justifiée donne une base de négociation.

L'employeur doit-il répondre par écrit ?

Non, aucune obligation de réponse écrite ni de motivation d'un refus n'existe pour une demande d'augmentation individuelle. C'est pourquoi il est utile de proposer un entretien dans la lettre, puis de résumer par e-mail ce qui a été convenu.

L'augmentation générale décidée en NAO suffit-elle ?

Une augmentation générale s'applique à tous les salariés concernés et n'empêche pas une demande individuelle. Les NAO fixent souvent à la fois une enveloppe générale et une enveloppe d'augmentations individuelles, attribuées selon des critères propres à l'entreprise.

Un refus d'augmentation permet-il de démissionner avec le chômage ?

Non. Le refus d'une augmentation ne rend pas la démission légitime au sens de l'assurance chômage. Si vous envisagez de partir, étudiez plutôt une rupture conventionnelle ou une démission pour reconversion professionnelle, qui obéit à des conditions précises.

Textes de référence

  • Code du travail, article L3221-2 (égalité de rémunération entre les femmes et les hommes)
  • Code du travail, article L3245-1 (prescription de l'action en paiement du salaire)