Lettre de renonciation à une succession

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Vous êtes héritier mais la succession comporte plus de dettes que de biens, ou vous ne souhaitez pas hériter ? Vous pouvez renoncer à la succession. La renonciation ne se présume pas : elle doit être faite par une déclaration au greffe du tribunal judiciaire du lieu d'ouverture de la succession (dernier domicile du défunt), au moyen d'un formulaire officiel, ou par acte devant notaire.

La lettre ci-dessous accompagne l'envoi du formulaire de renonciation au greffe. Avant de l'envoyer, vérifiez les conséquences pour vos propres enfants : ils peuvent hériter à votre place.

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[Prénom Nom]
[Adresse]
[Code postal Ville]
[Téléphone]
[E-mail]

Greffe du tribunal judiciaire de [ville]
Service des successions
[Adresse du destinataire]
[Code postal Ville du destinataire]

[Ville], le [Date]

Lettre recommandée avec accusé de réception

Objet : Déclaration de renonciation à la succession de [Prénom Nom du défunt]

Madame, Monsieur le Greffier,

Je vous prie de trouver ci-joint le formulaire de déclaration de renonciation à la succession de [Madame / Monsieur] [Prénom Nom du défunt], décédé(e) le [date du décès] à [lieu du décès], dont le dernier domicile était situé [adresse du dernier domicile du défunt], dans le ressort de votre juridiction.

J'interviens en qualité de [fils / fille / frère / sœur / neveu / autre lien de parenté] du défunt. Je déclare renoncer purement et simplement à cette succession.

[Si un notaire est chargé de la succession : Le règlement de la succession est suivi par Maître Prénom Nom, notaire à ville.]

Je vous remercie de bien vouloir enregistrer cette déclaration et de m'adresser le récépissé attestant de son inscription au registre des successions.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur le Greffier, l'expression de mes salutations distinguées.

[Prénom Nom]
Signature

Pièces jointes : formulaire de renonciation complété et signé, copie intégrale de l'acte de décès, copie de ma pièce d'identité, [copie de l'acte de naissance établissant ma filiation]

Quand peut-on renoncer à une succession ?

À compter du décès, chaque héritier dispose d'un délai de quatre mois pendant lequel personne ne peut le contraindre à choisir entre accepter, accepter à concurrence de l'actif net ou renoncer. Passé ce délai, un créancier, un cohéritier ou l'État peut le sommer de prendre parti : l'héritier a alors deux mois pour se décider, faute de quoi il est considéré comme ayant accepté purement et simplement.

Sans sommation, la faculté de choisir se prescrit par dix ans à compter du décès. Attention : certains actes (vendre un bien du défunt, utiliser ses comptes pour vos dépenses) peuvent valoir acceptation tacite et vous priver de la possibilité de renoncer.

Comment renoncer : greffe ou notaire ?

  1. Téléchargez le formulaire officiel de renonciation sur le site de l'administration, ou demandez-le au greffe.
  2. Complétez-le et joignez l'acte de décès, votre pièce d'identité et, le cas échéant, un justificatif de filiation.
  3. Envoyez-le au greffe du tribunal judiciaire du dernier domicile du défunt, avec la lettre ci-dessus, ou déposez-le sur place.
  4. Conservez le récépissé : il vous permet de répondre aux créanciers.
  5. Alternative : faites recevoir votre renonciation par un notaire, qui la transmet au greffe (des frais sont alors facturés).

La déclaration au greffe est gratuite.

Conséquences de la renonciation pour vous et vos enfants

  • Vous êtes considéré comme n'ayant jamais été héritier : vous ne recevez aucun bien et ne payez aucune dette de la succession.
  • Vous restez tenu, à proportion de vos moyens, de participer aux frais funéraires d'un ascendant ou d'un descendant, même en renonçant.
  • Vos enfants viennent en représentation : ils héritent à votre place. Si la succession est déficitaire, ils doivent eux aussi renoncer ; pour un mineur, l'autorisation du juge des tutelles est en principe nécessaire.
  • Si tous les héritiers renoncent, la succession peut être déclarée vacante et gérée par un curateur.

Pour éviter une renonciation lorsque la situation est incertaine, l'acceptation à concurrence de l'actif net permet d'hériter sans payer les dettes au-delà de la valeur des biens reçus. Un notaire peut vous conseiller entre ces options.

Ce que la renonciation ne vous empêche pas de percevoir

Le bénéfice d'une assurance-vie dont vous êtes bénéficiaire est en principe hors succession : vous pouvez le percevoir tout en renonçant. Les pensions de réversion et certains capitaux décès obéissent aussi à leurs propres règles. Pour les démarches pratiques après un décès, voir informer les organismes d'un décès.

Questions fréquentes

Peut-on revenir sur une renonciation à succession ?

Oui, dans une situation limitée : tant que la prescription de dix ans n'est pas acquise et qu'aucun autre héritier n'a accepté la succession, le renonçant peut la révoquer en l'acceptant purement et simplement. Il reprend la succession dans l'état où elle se trouve.

Un créancier du défunt peut-il se retourner contre moi après ma renonciation ?

Non, sauf pour la part des frais funéraires qui peut vous incomber selon vos moyens. Transmettez le récépissé du greffe à tout créancier qui vous relance. Si un créancier poursuit malgré tout, répondez par écrit avec cette pièce.

Faut-il payer les obsèques si l'on renonce ?

Les obsèques peuvent être payées sur les comptes du défunt, dans une certaine limite. Au-delà, les enfants et le conjoint peuvent être sollicités au titre de l'obligation alimentaire, à proportion de leurs moyens, même s'ils renoncent à la succession.

Textes de référence

  • Code civil, article 771 (délai de quatre mois et sommation)
  • Code civil, article 780 (prescription de dix ans)
  • Code civil, article 804 (forme de la renonciation)
  • Code civil, article 806 (frais funéraires)
  • Code civil, article 807 (révocation de la renonciation)