Démission pour reconversion : le chômage après une démission

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Depuis le 1er novembre 2019, un salarié en CDI qui démissionne pour mener un projet de reconversion professionnelle ou créer une entreprise peut percevoir l'allocation chômage. Ce dispositif, souvent appelé « démission-reconversion », a été créé par la loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel. Il fait exception au principe selon lequel une démission n'ouvre pas droit à l'indemnisation.

L'ordre des étapes est décisif : le projet doit être validé avant d'envoyer la lettre de démission. Un salarié qui démissionne d'abord et monte son dossier ensuite n'a pas droit à l'allocation au titre de ce dispositif. Voici les conditions et la procédure.

Qui peut toucher le chômage après une démission pour reconversion ?

  • Être salarié en contrat à durée indéterminée au moment de la démission.
  • Justifier de 5 ans d'activité salariée continue, soit au moins 1 300 jours travaillés au cours des 60 mois précédant la fin du contrat, éventuellement auprès de plusieurs employeurs.
  • Porter un projet de reconversion nécessitant une formation, ou un projet de création ou de reprise d'entreprise.
  • Obtenir la reconnaissance du caractère réel et sérieux du projet avant de démissionner.

Les autres conditions de l'assurance chômage s'appliquent aussi : être apte au travail, résider en France et ne pas avoir atteint l'âge de la retraite à taux plein.

Les étapes à suivre, dans l'ordre

  1. Solliciter un conseil en évolution professionnelle (CEP), gratuit, qui vous aide à formaliser le projet. Cette démarche doit précéder la démission.
  2. Déposer le dossier auprès de l'association Transitions Pro de votre région (commission paritaire interprofessionnelle régionale), qui atteste du caractère réel et sérieux du projet.
  3. Une fois l'attestation obtenue, démissionner de votre CDI en respectant votre préavis.
  4. S'inscrire auprès de France Travail et demander l'allocation dans un délai de 6 mois suivant la notification de la décision de la commission.
  5. Mettre en œuvre le projet : France Travail contrôle, au plus tard six mois après l'ouverture des droits, la réalité des démarches accomplies.

Si la commission refuse de reconnaître le projet, vous pouvez former un recours gracieux devant elle dans un délai de deux mois. Tant que vous n'avez pas démissionné, un refus ne vous fait rien perdre.

Rédiger la lettre de démission dans ce cadre

La lettre de démission n'a pas à mentionner le projet ni l'attestation : c'est une démission ordinaire, qui fait courir le préavis prévu par la convention collective. Beaucoup de salariés préfèrent toutefois indiquer sobrement le motif pour faciliter la négociation d'une dispense de préavis, par exemple pour commencer une formation à une date fixe. Un modèle adapté est proposé dans la lettre de démission pour reconversion professionnelle.

Conservez l'attestation de la commission, la lettre de démission et son accusé de réception : France Travail les demande pour ouvrir les droits.

Démission-reconversion, rupture conventionnelle ou projet de transition ?

D'autres voies existent pour se reconvertir sans perdre de revenus :

  • Le projet de transition professionnelle (ancien CIF) permet de suivre une formation certifiante en restant salarié, avec maintien de la rémunération sous conditions, puis de revenir dans l'entreprise ou de la quitter.
  • La rupture conventionnelle ouvre droit au chômage sans condition de projet, mais suppose l'accord de l'employeur (voir la contribution patronale sur les ruptures conventionnelles).
  • La démission-reconversion est la seule qui ne dépend pas de l'accord de l'employeur et qui permet de partir définitivement.

Questions fréquentes

Quel montant d'allocation après une démission-reconversion ?

L'allocation est calculée selon les règles ordinaires de l'assurance chômage, à partir des salaires perçus pendant la période de référence. Aucune durée ou montant spécifique n'est prévu pour ce dispositif. France Travail peut vous fournir une simulation une fois le dossier déposé.

Puis-je utiliser mon CPF pour financer la formation ?

Oui. Le compte personnel de formation peut financer tout ou partie de la formation prévue par le projet. France Travail ou la région peuvent compléter le financement selon les dispositifs disponibles. Le conseil en évolution professionnelle aide à monter ce plan de financement.

Que se passe-t-il si j'abandonne mon projet en cours de route ?

Lors du contrôle, France Travail vérifie que vous avez engagé les démarches prévues. Si vous ne pouvez pas justifier de leur mise en œuvre sans motif légitime, l'allocation peut être supprimée et vous pouvez être radié de la liste des demandeurs d'emploi. Un changement de projet justifié doit être signalé à votre conseiller.

Le dispositif est-il ouvert aux salariés en CDD ?

Non, il est réservé aux salariés en CDI. Un salarié en CDD perçoit en principe l'allocation à la fin de son contrat, sans avoir besoin de ce dispositif, sauf s'il a lui-même rompu le CDD de manière anticipée.

Textes de référence

  • Loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel
  • Code du travail, article L5422-1 (conditions d'ouverture des droits, dont la démission pour projet de reconversion)